| Roquefort
: 29 juin 2008
Les toreros ouvrent
le robinet de la main droite mais
la présidence règle
le débit
Ca y est la crème
solaire devient indispensable lors
de la grande messe des aficionados,
ce qui n'est pas pour déplaire
aux organisateurs qui vendent plus
de places à l'ombre ainsi qu'à
mon pharmacien qui avait du mal à
écouler son stock de biafine
qu'il me réserve tous les ans.
C'est donc sous un grand soleil que
se déroula la novillada initialement
prévue le 25 mai mais reportée
pour cause
de pluie !
Conforme à leur optique, les
roquefortois avaient opté pour
une ganaderia classée comme
" dure ", nous laissant
présager que nous assisterions
à un combat plutôt qu'à
un ballet " Condesque ".
C'est donc six exemplaires de La Quinta
ayant passé un mois dans les
pâturages du sud-est chez Jalabert
qui défilèrent dans
la Monumental des Pins devant une
assistance vraiment éparse,
beaucoup ayant à coup sûr
profité du premier rayon, pour
aller se dorer la pilule sur un sable
plus occidental et bien plus caillouteux.
Les 6 exemplaires sortirent justes
de présentation, on peut supposer
que le nombre d'heure passé
sur les routes les a fortement perturbé
et ils nous apparurent souvent les
flancs creusés chose tout à
fait compréhensible. En revanche,
le transport routier n'ayant il me
semble peu d'effet sur les cornes,
il est bien plus compliqué
d'expliquer la forme en pinceaux de
certaines après un choc ou
même dès la sortie (notamment
le 4ème). Peut être que
la perturbation du voyage ait engendré
un problème de fixation de
kératine
Par contre on
put apprécier tout le long
de la lidia des novillos au caractère
très varié mais toujours
bien trempé, comme s'ils eurent
été ravi d'en découdre
et d'en finir avec ces périples
pas forcément lointains mais
bien trop fréquents. (Le parallèle
peut être fait entre ces cornus
voyageurs et des touristes en circuit
organisé en autobus : au début
du circuit tout le monde est ravi
d'admirer les paysages et colle son
nez à la vitre , mais les derniers
jours peu regardent par le carreau
et l'agressivité envers les
voisins de banquette est exacerbée).
Pour les accompagner lors de leur
dernier voyage, nous retrouvions Antonio
Nazare, qui se fit rappeler à
l'ordre d'entrée, par une présidence
exemplaire aujourd'hui, l'obligeant
à remettre son toro au cheval
après une première pique
longue et appuyée ; comme un
message à l'attention des bipèdes
pour signaler qu'ici la mono-pique
n'est absolument pas la bienvenue
et que le premier tiers n'est pas
qu'une formalité vite expédiée.
Malheureusement, ce double châtiment
éteint rapidement le toro et
priva le sévillan de toute
option. (une entière, deux
descabellos, silence après
avis).
Face au quatrième, qui fut
piqué brièvement à
la première rencontre, mais
replacé au centre (merci monsieur
le président bien conseillé
par un assesseur St Severin passionné
de toros ) pour une deuxième,
le toreo de l'andalou porta vite sur
les étagères. Il fut
décroisé mais ses séries
partant de loin et faisant "
courir la main " très
loin derrière ce n'est pas
l'entière caïdita et les
seules trois passes à gauches
qui allaient le priver de la pluie
de mouchoirs. (1 oreille)
Le mexicain Octavio Garcia El Payo
est le novillero en forme du moment.
Sa première faena débuta
sur les chapeaux de roues mais ira
" a menos " le cornu ayant
du mal à enchaîner les
séries suite à deux
piques assassines au milieu du dos.
Le meilleur de l'uvre se situa
essentiellement à tribord et
fut conclut d'une entière très
basse jusqu'à la garde au second
jet. (1 oreille).
Le cinquième fut piqué
fort à deux reprises avant
que les clarines ne résonnent.
C'est alors que le mexicain remit
le toro en suerte pour une troisième
rencontre pour le moins surprenante.
Il en suivit une faena Exclusivement
droitière sous les cris pénibles
du piéton haranguant le bicho.
( 1/3 plat plus une entière
et 9 descabellos
silence après
avis).
Le petit Javier Cortes fit
étalage de tout son courage
ainsi que de gestes très toreros.
Sa ceinture accompagnant bien la charge
du novillo pour une première
faena sympathique à droite
mais beaucoup plus laborieuse une
fois la flanelle dans l'autre main.
(1/3 de lame et deux descabellos pour
un salut au tiers après avis).
Le sixième se révélant
beaucoup plus compliqué que
son premier, pourtant manso de gala
au cheval ; c'est avec méthode
et sang froid que le petit bonhomme
arracha au centre les quelques passes
d'un toro bien plus intéressé
par la menuiserie l'entourant. De
belles ayudadas (aahhh !!!) et quelques
derechazos très méritoires
le toro ayant toujours le sabot sur
le frein à mi-passe. Une entière
contraire lui permit d'effectuer la
vuelta suite à l'accord du
président (pour une fois que
le maestro ne le décide pas
de son propre chef).
Enhorabuena torero !
Enhorabuena presidente
et ses assesseurs.
Salut du banderillero Luis Carlos
Aranda de la cuadrilla d'El Payo.
|